La promesse verte qu’il faut tenir

Bien que 2021 soit une année à oublier, il y a eu des nouvelles encourageantes en matière d’environnement, souvent étayées par des normes ISO.

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Par Rick Gould
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La progression de la finance durable devrait très certainement se poursuivre alors que la plupart des gouvernements de la planète cherchent à réduire la pollution et les émissions de GES et qu’un nombre croissant d’organismes de réglementation exigent des entreprises qu’elles déclarent les risques liés au climat. La production d’électricité assurée par le secteur des énergies renouvelables, par exemple, a doublé durant la dernière décennie et plus que quadruplé ces 15 dernières années.

Dendrobat with red back and blue legs sitting on a stone,

Malgré la forte augmentation des investissements, il en faudra bien davantage pour atteindre les objectifs de l’Accord de Paris et les Objectifs de développement durable des Nations Unies. En fait, des investissements colossaux sont nécessaires. Selon le Forum économique mondial, nous devrons consacrer quelque USD 5 700 milliards par an aux infrastructures vertes, tandis que, d’après l’Agence internationale de l’énergie, nous avons besoin d’au moins USD 53 000 milliards pendant les 15 prochaines années pour lutter contre le changement climatique. Et il faut encore plus d’investissements dans d’autres domaines de la durabilité tels que l’économie circulaire émergente. 

À l’évidence, on a de toute urgence besoin de normes fiables, crédibles, pleinement élaborées et largement acceptées. Les Normes internationales peuvent faciliter l’organisation du marché émergent de la finance durable et contribuer à créer la confiance dont les investisseurs ont besoin. Les experts chargés de piloter l’élaboration des normes relatives à la finance durable en donnent la raison avec une grande lucidité. « Les Normes internationales seront des facteurs d’harmonisation, de crédibilité, de transparence et de confiance », affirme John Shideler, de Futurepast Inc., qui dirige un groupe d’experts relevant de l’ISO/TC 207, Management environnemental, le comité technique de l’ISO chargé d’élaborer une série de normes relatives aux obligations et aux crédits verts.  

À l’évidence, on a de toute urgence besoin de normes largement acceptées.

Solar panels and wind turbine in a snowy landscape against a bright blue winter sky.

Obligations vertes et au-delà  

« Nous avons besoin de normes pour éviter l’écoblanchiment », explique Hayden Morgan, du groupe d’experts international Green Investment Group, qui dirige un autre groupe d’experts relevant de l’ISO/TC 322, Finance durable. « Les travaux effectués au sein de ce groupe visent à aider les organismes du monde entier à intégrer les principes de durabilité dans leurs activités », précise-t-il. « Sans cela, nous devrons faire face à des pratiques d’écoblanchiment, comme la surévaluation des qualités environnementales. » 

Qu’entend-on exactement par obligations vertes ? Les obligations vertes, également connues sous le nom d’obligations climatiques, sont destinées à financer des projets environnementaux ou climatiques positifs. Cependant, toutes les obligations vertes ne se valent pas. L’écoblanchiment – ou du moins la perception qu’on peut en avoir – a été l’un des obstacles qui ont freiné leur progression en usant d’arguments fallacieux pour convaincre les investisseurs en obligations vertes de croire aux prétendus avantages liés au climat. 

Cela fait près de 15 ans que les obligations vertes existent, et depuis lors sont apparues toute une série de normes, d’orientations et de règles commerciales visant à établir une base solide et, de surcroît, à faire échec à l’écoblanchiment. Sans minimiser leur importance dans le contexte d’un marché émergent, nous avons maintenant besoin de normes ISO pour assurer la structure, la transparence et la crédibilité de ces instruments par des systèmes de certification reconnus au plan international, qui permettront de débloquer les milliards de dollars nécessaires au développement durable. Ce sont les objectifs d’une toute nouvelle série de normes concernant les obligations vertes, les crédits verts, une taxonomie des obligations vertes et la vérification.

À quoi servira donc ISO 14030 ? « Le but est d’y voir plus clair et de préciser ce qui est nécessaire pour déterminer la recevabilité et la crédibilité des titres de créance verts, ainsi que de fournir un mécanisme de rapport fiable, afin que les investisseurs disposent des résultats dont ils ont besoin pour prendre des décisions en connaissance de cause », explique M. Shideler. L’adhésion du secteur financier est un facteur essentiel de la réussite de ces normes, et le groupe de travail a heureusement pu bénéficier d’un soutien marqué à cet égard. « Cela a permis de créer des normes qui sont cohérentes aussi bien avec les normes relatives aux obligations vertes qu’avec les principes concernant les crédits verts », conclut M. Shideler.  

Close-up shot of a rhinoceros head.

Un monde biodiversifié  

Beaucoup d’investisseurs commencent à prendre conscience du fait que ce qui porte atteinte à la biodiversité a également des répercussions sur le rendement de leurs investissements. Ainsi, il en va de leur intérêt de mesurer l’impact du problème et d’y trouver des solutions. Début 2020, l’ISO a créé l’ISO/TC 331, Biodiversité, afin de soutenir la diversité de la vie sur Terre par des normes spécialement adaptées. « Nous voulons renverser la situation de manière à établir, entre nos économies et nos écosystèmes, une relation plus saine encourageant la préservation de la biodiversité tout en créant des opportunités de développement durable », explique Caroline Lhuillery, Manager du comité. « L’ISO/TC 331 a pour but de formuler des exigences, des principes et des éléments d’orientation, de définir des cadres et de mettre au point des outils de soutien selon une approche holistique, fédératrice et mondiale », précise-t-elle.  

Les menaces de toutes origines pesant sur la biodiversité atteignent rapidement un niveau critique qui peut précipiter des changements profonds dans le nombre et la répartition des espèces ainsi que dans le fonctionnement des écosystèmes. Le taux actuel d’extinction est mille fois plus élevé qu’avant l’arrivée de l’homme et devrait encore augmenter sous l’effet des pertes anticipées d’habitat dues à la réaffectation des terres et de la concurrence accrue d’espèces invasives. 

« Les normes ISO relatives à la biodiversité inciteront les organismes du secteur public et du secteur privé à intégrer les enjeux de la biodiversité dans leurs stratégies, leurs prises de décision et leurs actions », ajoute-t-elle. Certes, il existe déjà, au niveau national, des normes et des protocoles permettant d’évaluer et de gérer la biodiversité, mais qui s’avèrent, selon les indications disponibles, fragmentaires et disparates. Même en présence de dispositions législatives et d’outils de soutien, il peut toujours y avoir des variations d’approche considérables aux niveaux régional et national. 

C’est là que des normes harmonisées se révéleront particulièrement utiles. « Pour agir, les organismes ont besoin d’une définition commune de la biodiversité, d’un cadre rigoureux pour les mesures à prendre, de méthodes, de critères d’évaluation des impacts et des progrès ainsi que d’exemples concrets », explique Mme Lhuillery. En bref, nous avons besoin d’une approche harmonisée au niveau mondial. « Les normes futures comprendront des termes et définitions normalisés à utiliser au niveau mondial, des méthodologies d’analyse d’impact, des cadres pour la définition de stratégies et de plans d’action et des outils de suivi et de rapport. » 

Éveiller l’intérêt  

La transition vers une économie neutre en carbone influera sur tous les aspects de nos modes de production de biens, de fourniture de services, de déplacement et de consommation. Elle aura également une incidence sur notre façon de travailler. Dans un rapport de la Commission européenne, il est indiqué que cette transition devrait donner lieu à la création de plus d’un million d’emplois d’ici 2030.

L’ISO s’efforce d’y contribuer en accélérant le passage à une société décarbonée. La Déclaration de Londres traduit l’engagement historique de l’ISO en faveur de la lutte contre les changements climatiques par le biais des normes. Le rôle essentiel des normes a également été mis en avant par les leaders du G20, ainsi que lors de la COP26, et l’Organisation est prête à agir pour concrétiser son engagement.

La transition a déjà commencé dans de nombreuses communautés et entreprises clairvoyantes, mais il faut du temps pour parvenir à la durabilité. La vraie question est de savoir à quel rythme s’effectuera cette transition vers des formes plus durables de production et de gestion de l’environnement et si elle peut effectivement atténuer les effets d’un changement environnemental à grande échelle. Ce dont nous sommes sûrs, c’est que les normes joueront sans conteste un rôle clé dans la mise au point des modes de vie plus verts auxquels le monde aspire.  

Nous sommes tous d’accord sur un certain nombre de points. Nous voulons que l’air que nous respirons, l’eau que nous buvons et la nourriture que nous mangeons soient exempts de substances toxiques. Nous voulons laisser à nos enfants une planète au moins en aussi bon état que celle que nos parents et grands-parents nous ont laissée. Seul un monde écologiquement durable nous permettra d’atteindre tous ces objectifs. Des objectifs qui ne pourront être réalisés qu’en élaborant des normes et en les mettant à profit à l’échelle mondiale. 

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