Les normes ciblent l’industrie des drones

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Par Elizabeth Gasiorowski-Denis
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Drone
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À l’heure où les drones font régulièrement l’actualité et sont amenés à proliférer dans l’espace aérien, il est bon de prendre un peu de recul et de se poser quelques questions élémentaires mais néanmoins importantes.

Les drones – également appelés aéronefs sans pilote (UAS) – peuvent varier grandement d’un modèle à l’autre, en termes de taille, de capacité ou de prix. Le marché mondial lié à cette technologie a progressé à pas de géant au cours des dernières années. Compte tenu des sommes colossales qui y sont investies, le monde entier s’intéresse de plus en plus à cette industrie et à tout ce qu’elle implique – aéronef, poste de conduite, liaison de données – au-delà de l’appareil lui-même.

Nous nous sommes entretenus avec Cortney Robinson, Directeur, Infrastructure de l’aviation civile, auprès de l’Aerospace Industries Association (AIA) États-Unis, et nouveau Secrétaire de l’ISO/TC 20/SC 16 sur les aéronefs sans pilote – dont l’AIA, l’association américaine des industries aéronautiques, détient le secrétariat pour l'ANSI membre de l’ISO pour les États-Unis – qui nous parle des dynamiques qui régissent tant l’élaboration des normes que l’industrie elle-même.

Pourquoi l’ISO a-t-elle créé un sous-comité spécialement pour les aéronefs sans pilote ? Et pourquoi maintenant ?

Quand on voit l’augmentation de la demande de drones civils et l’intérêt que ces engins suscitent pour le contrôle des frontières, des forêts, des pêches, des oléoducs et des gazoducs, sans oublier les perspectives qu’ils ouvrent pour la livraison des marchandises, le moment est bien choisi pour lancer des activités de normalisation dans le domaine.

En outre, cette technologie est de plus en plus prisée pour les opérations de recherche et de secours, l’aviation de transport et agricole, et la lutte contre les feux de forêts, pour l’intérêt qu’elle présente pour résoudre les problèmes liés à la détection et à la cartographie des catastrophes d’origine naturelle et humaine, la surveillance notamment de l’état des plans d’eau, des autoroutes, des réserves, et l’organisation des voies de communication et la régulation du trafic routier dans les grandes villes.

Le débat s’amplifie concernant l’utilisation de la technologie des drones pour des finalités commerciales ou de loisirs, y compris les risques qu’elle implique en termes de sûreté et de sécurité. Quels sont, d’après vous, les domaines où la technologie des drones est efficacement mise à contribution ?

L’utilisation commerciale présente des possibilités presque illimitées, mais s’il fallait établir des priorités, nous devrions adopter une approche fondée sur les risques et mettre en balance les applications les plus bénéfiques de cette technologie et les risques opérationnels. C’est le moyen le plus sûr de démontrer la sécurité de cette nouvelle technologie. Aux États-Unis, l’industrie cinématographique a bien montré en quoi il est plus sûr d’utiliser des drones sur les tournages que des hélicoptères. Évidemment, faire voler des drones au-dessus des personnes n’est pas sans risque, mais la décision de la US Federal Aviation Administration (FAA) d’alléger les restrictions relatives à l’utilisation de drones en Arctique est un bon début. De manière plus concrète, l’agriculture sera sans doute le premier grand secteur à intégrer massivement les drones dans ses opérations. Dans son projet de réglementation (NPRM), la FAA dresse une liste impressionnante d’applications possibles.

Pourriez-vous nous présenter quelques-uns des enjeux que présente la technologie des drones pour l’industrie ?

Selon la réglementation nationale, pour certains acteurs au sein de l’industrie, l’élaboration et la mise en place des politiques et infrastructures appropriées est la plus grande difficulté. L’idéal, avec les drones, serait une infrastructure de communication, de navigation et de surveillance satellitaire et numérique. C’est pourquoi l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) et les principaux prestataires de services de navigation aérienne, dont la FAA, orientent l’élaboration de Normes internationales en faveur d’une transformation des drones en investissant dans des infrastructures comme NextGen qui donneraient un accès efficient à l’espace aérien à tous les utilisateurs tout en assurant leur sécurité.

De quelles façons espérez-vous que les Normes internationales aborderont quelques-uns de ces enjeux ?

Les Normes internationales jouent un rôle essentiel dans la création du marché commercial mondial dont beaucoup se font l’écho. Il est fondamental que ces normes favorisent un espace aérien harmonisé à l’échelon mondial qui laisse une place aux drones pour ouvrir davantage d’opportunités commerciales sans pour autant transiger sur la sécurité et l’efficacité globale de l’exploitation de l’espace aérien dans son ensemble. Les normes les plus importantes en cours d’élaboration portent sur les technologies DAA (detect and avoid) et C2 (command and control).


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Elizabeth Gasiorowski-Denis

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