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Oubliez la mer du Nord et le Moyen-Orient. C'est au fond des océans de l'Arctique que se situe désormais la nouvelle frontière que viennent explorer les entreprises telles que Statoil, basée en Norvège. Avec le mot d'ordre « la sécurité avant tout », cette entreprise norvégienne, l'industrie pétrolière, les autorités et les autres parties prenantes au projet mettent en commun leur savoir-faire pour assurer que la sécurité, à un coût abordable, reste une priorité dans cette conquête vitale.

La quête constante de nouveaux gisements de combustibles fossiles a mis le cap sur le Grand Nord. Cependant, le forage d’exploration ou forage « sauvage », c’est-à-dire en dehors des gisements de pétrole ou de gaz connus, est inconcevable dans des écosystèmes aussi fragiles. Un équilibre délicat doit être trouvé entre, d’un côté, la protection de l’environnement immaculé de l’Arctique et, de l’autre, la recherche et l’extraction des ressources naturelles précieuses qui y dorment. Et comme si le défi n’était pas déjà de taille, encore faut-il que le coût de l’exploration et de l’exploitation ne soient pas prohibitifs au point de rendre l’entreprise totalement vaine !

L’industrie pétrolière norvégienne, les autorités et les autres parties prenantes mettent leur expertise au service de ce projet essentiel et controversé. La sécurité des pratiques a fait l’objet d’études approfondies pour s’assurer que le forage n’entraîne pas de catastrophe écologique et que les personnels sur les sites, qui travaillent dans des conditions extrêmes, bénéficient des mesures de protection les plus efficaces.

Afin de faire toute la lumière sur ces questions, ISOfocus a interrogé deux acteurs majeurs dans le domaine : Statoil, l’une des plus grandes entreprises pétrolières au monde implantée dans 36 pays, et PSA, l’autorité norvégienne de sécurité pétrolière.

Un géant pétrolier

Photo : Harald Petersen/Statoil

Le géant énergétique norvégien Statoil n’est pas du genre à avoir froid aux yeux. Née de la fusion de trois sociétés pétrolières norvégiennes en 1999, l’entreprise est le principal exploitant du plateau continental norvégien et assure à elle seule 60 % de la production totale. Hermod Johansen, Directeur de la sécurité de Statoil, nous a expliqué les travaux menés par sa société en Arctique.

Statoil participe à des opérations pétrolières en Arctique depuis de nombreuses années. En 2014, l’entreprise a foré trois puits à 73° de latitude Nord. « Nous ne sommes jamais allés aussi loin au Nord », a déclaré Johansen, pour souligner l’esprit pionnier de Statoil en précisant toutefois que l’Arctique est subdivisé en trois catégories : l’« Arctique exploitable », le Sud de la mer de Barents et la côte Est du Canada, l’« Arctique extensible », le Nord-Est de la mer de Barents, et l’« Arctique extrême », le Nord-Est du Groenland.

Les défis de la mer de Barents

Dans la mer de Barents, les conditions sont réputées extrêmement difficiles en raison de l’immensité des distances à parcourir, des infrastructures et des communications limitées et des considérations environnementales. Les températures y sont extrêmes et des phénomènes comme la nuit polaire, les facteurs atmosphériques, les dépressions polaires, le brouillard et la mer gelée doivent être pris en compte.

Johansen est formel : « Quand nous commencerons à forer dans la partie norvégienne de la mer de Barents à 73° de latitude Nord, nous ne pourrons initialement travailler qu’en été et, pour cela, nous nous appuyons sur les connaissances que les États-Unis, le Canada et la Russie ont acquises dans ce secteur. Nous croyons au partenariat et à la coopération, et devons trouver des solutions rentables dans les régions arctiques. Sans quoi, nous ne pourrons rien entreprendre. »

L’expert en sécurité de Statoil sait de quoi il parle puisque le premier puits dans la mer de Barents a été foré par Statoil en 1980 et que, depuis, sur les 109 puits qui ont été forés, 72 sont exploités par Statoil. Johansen conclut avec une fierté justifiée : « On ne peut nier que notre entreprise a une grande connaissance de cette région. »

Et de l’expérience, il en faut assurément pour trouver des solutions à une foule de risques potentiels. « Notre planification nous permet d’adapter notre capacité d’intervention d’urgence en fonction des résultats obtenus à l’issue de nos évaluations des risques environnementaux », affirme Johansen. En Norvège, nous disposons d’une très bonne capacité d’intervention en cas de déversement de pétrole avec la NOFO (Association norvégienne de l’industrie pétrolière pour la lutte contre les marées noires), qui est une organisation spécialisée reconnue, efficace et robuste dans la lutte contre la pollution pétrolière. Elle coordonne les exploitants en mer, les autorités locales norvégiennes et l’industrie de la pêche lors des opérations de lutte contre les marées noires.

L’industrie a par ailleurs beaucoup appris des précédents incidents et en a tenu compte dans ses plans d’urgence. Johansen s’empresse du reste de préciser que Statoil n’aurait établi aucun projet de forage si elle n’avait pas eu la certitude de disposer de la capacité de réaction adéquate en cas d’imprévu. Les mesures de sécurité ont été contrôlées avec une très grande rigueur. La conception des forages d’exploration est telle que les risques d’explosion sont limités et que, dans les puits, de nombreux dispositifs sont en place pour bloquer les éventuels jaillissements de pétrole et empêcher les déversements en surface.

La sécurité avant tout

Photo : Trond Isaksen/Statoil

Extraits à haute température et à haute pression, le pétrole brut et le gaz naturel sont soumis à une lourde réglementation. Pour Roar Heum, Directeur, Activités pétrolières, à Standards Norway, « l’autorité norvégienne de sécurité pétrolière (PSA) contribue de manière importante aux activités de normalisation nationales et internationales dans le domaine du pétrole et du gaz ».

PSA est un organisme gouvernemental de réglementation indépendant chargé de la sécurité, de la préparation aux situations d’urgence et de l’environnement de travail dans l’industrie pétrolière norvégienne. En Norvège, la règlementation applicable à l’exploitation pétrolière en mer et sur terre est axée sur les risques et accorde une grande importance aux principes visant à réduire les risques liés à l’environnement, à la santé et à la sécurité. Pour PSA, le principe du tripartisme est important et la normalisation est une enceinte qui s’y prête bien. Mais, toujours pour la PSA, la coopération entre les syndicats, les organisations patronales et les autorités est une condition indispensable pour l’élaboration de normes et de règlements robustes.

La prospection pétrolière en Arctique est-elle une activité vraiment sûre ? Svein Anders Eriksson, Responsable de section chez PSA, nous rassure : « Dans la règlementation pétrolière, l’exigence primordiale porte sur la sécurité des activités, qui doivent être réalisées avec la plus grande prudence et sans mettre en danger les personnes, l’environnement ou les biens. »

L’approche progressive adoptée par l’industrie pour les opérations de forage a fourni de précieuses connaissances et compétences aux organismes de normalisation et de réglementation. Il est important que les leçons tirées des opérations actuelles soient mises à profit dans des normes pour servir de base dans d’autres activités de prospection et permettre à d’autres de prospecter dans des régions similaires.

Au-delà des frontières

Les normes sont le socle sur lequel s’appuie l’industrie pétrolière pour rester à la pointe de l’innovation. Jacob Mehus, Directeur général par intérim de Standards Norway, nous l’explique plus en détail. « Dans notre rôle d’organisme norvégien de normalisation et de membre de l’ISO, Standards Norway entend faire bénéficier le monde entier des technologies pétrolières et gazières développées en Norvège. La normalisation offre une enceinte indépendante et ouverte aux acteurs des secteurs public et privé, au service de toutes les parties. »

L’ambition de la Norvège est de stimuler la concurrence au moyen de normes destinées à assurer la compétitivité du plateau continental norvégien, son attractivité en matière d’investissements, ainsi qu’à favoriser les exportations.

Il est également essentiel pour la Norvège de maintenir de bonnes relations avec ses voisins du nord afin de favoriser une compréhension commune des risques potentiels et d’établir conjointement des solutions harmonisées. Mehus ajoute : « En cas d’explosion au Nord, du côté russe, la Norvège sera également touchée. Le niveau de sécurité sera plus élevé si nous nous mettons d’accord sur des solutions communes préparées par les meilleurs experts de chacun de nos pays. La normalisation offre à cet égard un formidable forum. »

Des normes stratégiques

Les conditions en mer de Barents sont très difficiles.
Photo : Helge Hansen/Statoil

Lorsque Jonas Gahr Støre, ancien Ministre norvégien des affaires étrangères, a fait valoir qu’il était essentiel que, dans le cadre de leurs activités en mer de Barents, la Norvège et la Russie appliquent les mêmes normes, il a également souligné l’importance pour l’industrie d’approuver des normes élaborées par les experts les plus compétents. L’ISO étant manifestement le forum le mieux à même de remplir cette mission, le sous-comité SC 8, Opérations en Arctique, du comité technique ISO/TC 67, Matériel, équipement et structures en mer pour les industries pétrolière, pétrochimique et du gaz naturel, a été créé à Moscou en 2011.

Certaines exigences techniques spécifiques peuvent ralentir ou entraver le processus d’élaboration de solutions sûres et novatrices. Les parties responsables ont donc besoin d’indications pratiques sur les solutions conformes aux exigences réglementaires. Ces directives figurent dans les Normes internationales. L’industrie met moins de temps pour élaborer et réviser des normes qu’il n’en faut aux autorités pour procéder à la révision de règlements contenant des exigences techniques spécifiques.

Étant donné que l’industrie pétrolière est une activité mondialisée, la PSA fait actuellement appel à 160 normes et autres documents normatifs, dont 40 % sont des Normes internationales.

Eriksson en explique les raisons : « La référence aux Normes internationales dans nos lignes directrices est un gage de garantie en termes de santé, d’environnement, de sécurité et de préparation aux situations d’urgence. L’industrie pétrolière obtient donc une présomption de conformité aux exigences réglementaires en appliquant les solutions recommandées dans les normes. Les Normes internationales sont également une garantie de valeur ajoutée et de rentabilité pour le développement de l’industrie pétrolière et les opérations sur le plateau continental norvégien. »

Les avantages que retire Statoil de sa participation active à la normalisation sont multiples : accès à l’expérience, bonne vision d’ensemble, une influence et la possibilité d’établir un vaste réseau. En participant activement aux enceintes de normalisation, Statoil peut exercer son influence et garantir le transfert de l’expertise internationale. Pour le conglomérat pétrolier, les Normes internationales vont progressivement et systématiquement se substituer aux réglementations nationales.

De nouvelles frontières

L’ambition de la Norvège est de stimuler la concurrence grâce à ces normes.

Quel est l’avenir de la prospection dans le Nord de l’Arctique ? La demande mondiale de sources d’énergie ne faiblit pas, d’autant que les pays en développement sont eux aussi entrés dans la course à l’énergie. Tant qu’il n’y aura pas de carburants de remplacement fiables et économiques capables de concurrencer l’or noir pour alimenter la planète en énergie, la prospection et l’exploitation se poursuivront... en dépit des conséquences que cela implique sur les personnes et l’environnement naturel.

Avec l’aide des Normes internationales de l’ISO, nous pouvons cependant en atténuer les effets dommageables pour l’environnement, assurer sa rentabilité pour l’industrie et garantir le plus haut niveau de sécurité possible pour ceux qui, dans les environnements les plus extrêmes, travaillent à l’extraction des produits pétroliers dont la planète a besoin.


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