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Les limites à la croissance, rapport fracassant sur les changements climatiques, est l’un des best-seller de tous les temps au rayon des questions environnementales. Dans son dernier livre, 2052 : A Global Forecast for the Next Forty Years (Prévisions mondiales pour les 40 prochaines années), Randers soutient que l’humanité est en voie de destruction. ISO Focus s’est entretenu avec le professeur sur l’avenir de la planète.

 

Vous dressez un tableau sombre de l'avenir à l'horizon 2052. Pourquoi ?

Avec l’âge, je vois que pendant 40 années de ma vie j'ai travaillé pour le développement durable et que ça n’a servi à rien. Le monde est moins durable aujourd'hui qu'il y a 40 ans. J'ai donc décidé d'écrire ce livre avant que ce constat ne me rende fou. 2052 n'est rien d'autre que la préfiguration du type de monde que la société mondialisée qui est la nôtre va se choisir dans les 40 prochaines années.

Comment voyez-vous 2052 ?

Dans les pays riches, la croissance économique sera très lente, avec chômage endémique, conflits sociaux, augmentation des inégalités – tous les problèmes qui se posent quand le niveau de croissance n’est pas suffisant. En même temps, on observera une aggravation constante des conditions climatiques, avec des phénomènes météorologiques extrêmes de plus en plus fréquents et violents (sécheresse, inondations, feux de forêts, élévation du niveau des mers, etc.).

Ces phénomènes imprévisibles finiront par prendre une telle ampleur qu'ils en deviendront effrayants.

Comment va-t-on réagir dans les 40 prochaines années ?

Je pense qu’on ne fera rien. C'est pourtant assez facile d'agir – nous savons parfaitement ce qu'il faut faire pour limiter le dérèglement climatique. Seulement, le problème, c’est que ça coûte plus cher d'intervenir que de ne rien faire. Par conséquent, les gens n’opteront pas pour ces solutions.

Je trouve vraiment triste qu'à l'heure actuelle, la plupart des gens qui vivent dans les pays riches ne sont pas d’accord de sacrifier un peu d’argent pour financer les solutions qui permettraient de résoudre le problème dans son ensemble.

Vous êtes en faveur d'une réglementation intelligente. Qu’entendez-vous par là ?

Je ne suis pas partisan du libéralisme économique. Je ne crois pas que l’économie de marché puisse résoudre les problèmes de fond. Je suis pour un État fort et une réglementation intelligente.

L'ISO joue à mon avis un rôle très important et très utile. Le fait qu’il existe des normes et une organisation comme l’ISO donne effectivement un peu d'espoir, car c'est le signe que nos sociétés démocratiques sont capables de prendre des décisions dans un esprit d'égalité et d'équité.

Dans le cadre du Master en normalisation, réglementation sociale et développement – Université de Genève-ISO, Jørgen Randers a donné une conférence fascinante qui a été suivie par 670 personnes à Genève et un grand nombre d’internautes. Revoir la conférence.


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