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L’hydrogène est une source d’énergie importante. Sa combustion permet de produire de l’électricité sans impact négatif sur l’environnement, contrairement à celle des combustibles fossiles. Et il est relativement facile de produire de l’hydrogène gazeux en dissociant les éléments constituants de l’eau – l’hydrogène et l’oxygène.

Dans un article paru dans le journal Nature Chemistry en début d’année, des scientifiques de l’Université de Glasgow montrent comment ils ont reproduit, en des temps et des lieux différents, la manière dont les plantes utilisent l’énergie solaire pour dissocier l’hydrogène et l’oxygène des molécules d’eau.

Les spécialistes ont salué l’importance de cette découverte, déclarant qu’elle pourrait faire de l’hydrogène une énergie plus facile à produire.

Quelles sont les conséquences pour le secteur de l’hydrogène ? Sommes-nous enfin entrés dans l’ère de l’hydrogène ? ISOfocus rencontre Andrei Tchouvelev, le nouveau Président de l’ISO/TC 197, Technologies de l’hydrogène, pour examiner des idées novatrices sur l’avenir de l’hydrogène et les enjeux les plus urgents qui se présentent à la normalisation.


ISOfocus : Que faire pour que les technologies de l’hydrogène soient plus largement utilisées ?

Andrei Tchouvelev : La rapidité d’apparition de l’« ère de l’hydrogène », pour reprendre le terme de David Sanborn Scott, scientifique et ingénieur spécialiste de l’hydrogène, dépendra très largement des politiques énergétiques et environnementales adoptées aux niveaux national, régional et international.

214 %
d'augmentation des expéditions de piles à combustible dans le monde entre

2008 et 2011

Source : US Department of Energy, rapport publié en juillet 2012

Certains, dont je suis, estiment que l’hydrogène et les autres sources d’énergie ne sont pas sur un pied d’égalité. Les hydrocarbures bénéficient toujours d’importantes subventions gouvernementales, ouvertes ou cachées. L’hydrogène, notamment grâce aux piles à combustible à l’hydrogène, représente une solution évidente à des problèmes à la fois économiques et environnementaux. Mais dans le difficile contexte économique actuel, l’environnement n’est pas une priorité.

Pourtant, tout évolue. Le récent recours au gaz naturel, comme technologie passerelle (vers l’hydrogène) pour répondre aux besoins énergétiques, est un signe que des changements positifs sont à l’horizon. En outre, de grands progrès ont été réalisés récemment dans le domaine des piles à combustible à l’hydrogène pour les engins de manutention. Les constructeurs automobiles et les sociétés industrielles de gaz et d’énergie progressent aussi régulièrement et prévoient de lancer sur le marché des véhicules utilisant ces piles à l’horizon 2015-2020. Tous ces éléments suggèrent que nous pourrions entrer de notre vivant dans « l’ère de l’hydrogène » !


Vous êtes le nouveau Président de l’ISO/TC 197. Quels sont vos domaines d’intérêt privilégiés ? Souhaitez-vous que les Normes internationales couvrent des aspects nouveaux ou différents ?

En tant que nouveau Président, j’ai la grande chance d’avoir à mes côtés Jim Ferrero du BNQ, qui est le Secrétaire de notre comité. Jim et moi-même avons travaillé ensemble pendant neuf ans dans des rôles comparables pour le comité miroir national canadien de l’ISO/TC 197. Je suis donc très heureux que nous poursuivions maintenant notre collaboration au niveau international.

En septembre 2012, lorsque Jim et moi-même avons repris le comité, nous avons très vite compris que nous devions mettre l’accent sur deux aspects essentiels :

  • L’aspect social : pour améliorer la collaboration, le travail d’équipe et l’expertise technique
  • L’aspect technique : pour améliorer la qualité technique des produits de notre comité

L’atout hydrogène

Les véhicules électriques à pile à combustible présentent de nombreux avantages par rapport aux véhicules à carburants classiques et aux véhicules électriques à batterie. Ils n’ont pas d’émissions d’échappement et, si l’hydrogène est produit à partir de sources d’énergie renouvelable, peuvent fournir une mobilité entièrement exempte d’émissions. Contrairement aux véhicules à batterie, leur autonomie est comparable à celle des véhicules à essence et ils peuvent être rechargés en quelques minutes. Ils sont coûteux et ne sont disponibles que sur des marchés limités, mais plusieurs grands constructeurs automobiles s’engagent à en produire dans des quantités commerciales d’ici 2015.

Source : www.fuelcells.org

Avec un fort soutien des participants du comité, nous avons maintenant mis en œuvre une nouvelle structure qui prend en charge ces dimensions essentielles. Collaboration, travail d’équipe, approche factuelle et meilleures pratiques, tels sont les quatre mots d’ordre de notre travail. Ces mesures nous permettent d’améliorer la collaboration interne, mais également la participation des parties prenantes en créant de nouvelles liaisons et en cultivant les anciennes.

La normalisation est un outil puissant. C’est également une épée à double tranchant. Elle peut favoriser l’innovation, mais également entraver le progrès si elle est mal utilisée. Ce que de nombreuses personnes ne réalisent pas, c’est que la normalisation est dans une situation comparable à celle du secteur des véhicules à hydrogène, qui est confronté à un dilemme « de la poule et de l’œuf » : faut-il d’abord construire les véhicules puis mettre en œuvre l’infrastructure, ou l’inverse ?

Par exemple, l’élaboration prématurée d’une norme prescriptive fondée sur des pratiques en pleine évolution et des connaissances limitées peut entraver le progrès et l’innovation, en particulier dans les nouvelles technologies. L’hydrogène ne fait pas exception à la règle. Utilisé par l’industrie pendant plus d’une centaine d’années, l’hydrogène a de nouvelles perspectives aujourd’hui, bénéficiant de nouvelles opportunités commerciales et d’une plus large base d’utilisateurs. Cette situation nouvelle exige une approche innovante pour s’assurer que les technologies de l’hydrogène atteignent leurs performances maximales sans compromettre la sécurité.

À mon avis, nous devrions maintenant nous concentrer sur les normes relatives aux composants, dont les exigences sont largement indépendantes des conditions locales. Lorsqu’il s’agira d’aborder le soutien à la mise en œuvre de l’infrastructure, il serait intéressant de publier en temps opportun des lignes directrices associant connaissances et meilleures pratiques. Elles seraient utiles tant à l’industrie qu’aux organismes de réglementation. Cela donnerait du temps pour tester ces recommandations sur le terrain et promouvoir les meilleures pratiques, sans trop restreindre l’innovation et l’expérimentation. Les meilleures solutions pourraient ensuite être formalisées dans une Norme internationale.


Comment est né votre intérêt pour les technologies de l’hydrogène ? Quelles sont les possibilités de cette technologie qui vous enthousiasment le plus ?

Je pense que j’ai eu tout simplement de la chance. Il y a 30 ans, j’ai été engagé comme assistant en sciences par l’un des « pères internationaux » de l’économie de l’hydrogène, le professeur Valery Legasov. Pour être admis, j’ai rédigé deux essais, l’un sur la production d’hydrogène par électrolyse de l’eau, l’autre sur la sécurité dans le secteur de l’hydrogène. Or, ces deux domaines ont été au centre de mon activité professionnelle.

Les possibilités remarquables de l’hydrogène en tant que vecteur énergétique universel m’ont d’emblée fasciné. Le modèle classique de l’économie de l’hydrogène développé dans les années 1970 consistait à associer l’énergie nucléaire et l’électrolyse de l’eau pour produire de l’hydrogène dans les heures de la journée où la demande en électricité est faible. L’hydrogène était ensuite utilisé pour générer de l’électricité aux heures de pointe, lorsque les coûts sont les plus élevés. Ce modèle, également appelé « écrêtement des pointes de consommation », nous évite de mobiliser les centrales nucléaires et nous aide à remplacer les hydrocarbures (pétrole et gaz) dans la production d’électricité pour les heures de pointe.

La beauté et la résilience de ce concept tiennent au fait qu’il s’applique également aux énergies renouvelables. Le recours à l’hydrogène est un moyen parfait et intelligent de stocker une énergie renouvelable qui peut ensuite être distribuée et/ou utilisée sur site en tant que de besoin. Aucune autre solution n’associe à ce point capacités de stockage et possibilités d’un vecteur énergétique. 


Andrei Tchouvelev

Andrei Tchouvelev, le nouveau Président de l’ISO/TC 197, Technologies de l’hydrogène.

Les possibilités remarquables de l’hydrogène m’ont d’emblée fasciné.

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