Avant l’ère des smartphones et celle des appareils photo numériques, on a connu l’époque des pellicules photographiques, ou films, que l’on classifiait selon ISO 6.

Même si seuls les passionnés s’intéressent aujourd’hui à l’histoire de la photographie, nombreux sont ceux qui se souviennent du rôle qu’a joué l’ISO dans le développement de cette technique. ISO 6, l’une des toutes premières normes, a permis aux photographes de choisir le bon type de pellicule en fonction du sujet de leur prise de vue, en tenant compte notamment de paramètres tels que la luminosité et la vitesse d’obturation. Aujourd’hui, sur tout appareil photographique numérique spécialisé, vous trouverez une référence à l’ISO et au temps où la photographie était sur support film.

Normes phare du Store >

  • ISO 6:1993
    Photographie

    Systèmes film/traitement négatifs noir et blanc pour photographie picturale – Détermination de la sensibilité ISO
  • ISO 5800:1987
    Photographie

    Films négatifs couleur pour prise de vue – Détermination de la sensibilité ISO
  • ISO 2240:2003
    Photographie

    Films de prise de vue inversibles en couleur – Détermination de la sensibilité ISO

Quelle est votre vitesse de reaction ?

Un film photographique est essentiellement un ruban souple recouvert d’une substance chimique sensible à la lumière. Une section de ce ruban, lorsqu’elle est placée à l’arrière d’un objectif, peut enregistrer une image lorsque la réaction de sensibilisation se produit. La vitesse de réaction à la lumière est connue comme la sensibilité du film. Plus la valeur ISO d’un film est élevée, plus la réaction de sensibilisation est rapide. Cependant, avant que l’ISO ait normalisé les sensibilités des films pour les films couleur en 1979, il existait de nombreux systèmes concurrents. Celui développé par l’American Standards Association a été le plus connu et l’on retrouve souvent les lettres « ASA » sur les anciens appareils photo des années 1950 aux années 1970. Pour la petite histoire, rappelons qu’en 1969, l’ASA est devenu l’American National Standards Institute (ANSI), le membre de l’ISO pour les États-Unis.

Que signifient ces valeurs ?

Le système ASA a été supplanté par les normes ISO relatives à la sensibilité des films, à savoir ISO 6, ISO 2240 et ISO 5800, mais l’échelle linéaire que ce système a établi pour décrire la sensibilité du film demeure inchangée aujourd’hui. Ainsi, un film à réaction rapide sera habituellement utilisé dans un environnement où il y a moins de lumière ou pour des sujets se mouvant rapidement car l’objectif reçoit moins de lumière, ou a moins de temps pour capter l’image. Dans un environnement plus lumineux, ou pour des sujets statiques ou se mouvant lentement, un film réagissant plus lentement donne de meilleurs résultats. Les films moins réactifs, c’est-à-dire ceux avec des valeurs ISO plus basses, par exemple ISO 200 ou ISO 400, ont tendance à produire des images plus nettes. Un temps de réaction plus long génère une image plus claire et franche (sous réserve que le photographe ait aussi sélectionné le bon temps d’exposition et la bonne taille d’ouverture du diaphragme de l’objectif à travers lequel l’image est projetée sur la pellicule). À l’inverse, un film réagissant plus rapidement, c’est à dire plus sensible, utilisé dans les mêmes conditions, est susceptible de produire une image plus granuleuse, moins nette et légèrement tachetée. Les photographes appellent ce manque de clarté le « grain » (assimilable au « bruit » en photographie numérique). C’est pourquoi le choix de la sensibilité du film est un paramètre important pour prendre une bonne photo avec un appareil argentique.

Toujours utilisés de nos jours

Les concepts de « sensibilité ISO », « d’ouverture », de « temps d’exposition » ont tous été transposés à la photographie numérique même si de nombreux modèles d’appareils, y compris la plupart des appareils photo de smartphones, traitent ces paramètres à votre place. Les professionnels et les passionnés y font généralement attention, alors que le reste d’entre nous préfère simplement viser et photographier en se fiant aux filtres numériques ou aux capacités de retouche photographique pour obtenir l’effet escompté. Si la technologie a évolué, ce qui permet à bon nombre d’entre nous d’emporter des appareils photo numériques très performants partout où nous allons, les fondements de la transformation de moments éphémères en souvenirs durables s’appuient cependant toujours sur l’une des normes ISO les plus connues.