Par Pascal Terrien,
Président, Union Technique de l’Électricité (UTE)
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Dans la filière des électrotechnologies, nous savons une chose : la confiance ne se décrète pas, elle se construit. Et c’est précisément ce que nous faisons, chaque jour, à travers la normalisation. Alors que le monde cherche des réponses aux défis climatiques, numériques et sociétaux, nous, les industriels, producteurs d’électricité, gestionnaires de réseaux, organismes de conformité et installateurs unissons nos forces au sein du Comité Électrotechnique Français (CEF), opéré par AFNOR.
Notre mission ? Faire des normes le socle indispensable d’un monde décarboné, plus propre et respectueux de l’environnement, plus sûr et plus juste. Car derrière chacune de ces ambitions se cache une même exigence : la confiance. La confiance, qui sera au cœur de la Réunion annuelle de l’ISO 2026 à Paris, à laquelle notre filière est fière de participer, est plus que jamais une condition de réussite des grandes transitions.
Des normes, oui, mais pour quoi faire ?
La normalisation est sans doute notre outil le plus puissant pour accélérer la transition et ses innovations. Prenez l’urgence climatique : comment décarboner l’économie sans cadre commun ? Grâce aux normes, l’électrification des usages s’accélère, l’écoconception des produits progresse et les critères environnementaux trouvent leur place dans les appels d’offres. Sans ce langage commun, chaque acteur avancerait dans le brouillard, avec le risque de voir s’effriter la confiance des citoyens et des entreprises.
Et le numérique dans tout ça ? Là encore, les normes sont nos alliées. Elles garantissent une numérisation maîtrisée et sécurisée, que ce soit pour la cybersécurité des infrastructures électriques ou le développement de jumeaux numériques optimisant la gestion des réseaux. L’inclusivité fait également partie de cette démarche. En intégrant des principes d’accessibilité et d’équité dans chaque norme, nous veillons à ce que personne ne soit laissé de côté.
« Sans normes communes, pas de confiance. Et sans confiance, pas de transition énergétique et numérique possible. » Ces mots, souvent répétés au sein du CEF, résument notre conviction : la normalisation est l’un des piliers de notre avenir commun.
Sans normes communes, pas de confiance. Et sans confiance, pas de transition énergétique et numérique possible.
Anticiper plutôt que subir
Dans notre filière, nous ne nous bornons pas à suivre les évolutions : nous les devançons. Sur le front de l’énergie décarbonée, nous sommes en première ligne pour élaborer des normes clés, qu’il s’agisse des énergies renouvelables, du nucléaire ou encore du passeport numérique des produits.
Et l’économie circulaire ? Nous y travaillons activement, avec des normes pour l’analyse du cycle de vie des produits, des machines rotatives aux batteries, en passant par les systèmes de génie climatique. Chaque détail compte pour réduire notre empreinte et renforcer la confiance des consommateurs.
Pour ce qui est des réseaux électriques intelligents, nous développons des normes qui garantissent l’efficacité, la résilience et l’interopérabilité, tout en intégrant les nouveaux usages : mobilité électrique, autoconsommation, stockage… Autant de défis que nous relevons ensemble.
Notre filière mise sur l’ouverture et la collaboration. Preuve en est : nous avons initié, par exemple, la création du comité technique mixte ISO/IEC JTC 4 consacré au villes durables et intelligentes, dont le secrétariat est assuré par la France. Son objectif ? Intégrer les enjeux de l’énergie et du numérique dans l’urbanisme pour accompagner la transition vers un futur bas carbone et durable. Ou encore, nous nous impliquons dans la cyber résilience pour les semi-conducteurs et les infrastructures critiques.
La normalisation comme moteur
À l’heure où les transitions s’accélèrent, la filière des électroechnologies rappelle une évidence : la normalisation est un accélérateur, qui apporte la confiance et simplifie la vie de tous les acteurs de la chaîne de valeur. En alliant collaboration, expertise et vision, nous démontrons que les normes peuvent être à la fois un rempart contre les risques et un formidable tremplin pour l’innovation.
Alors oui, les défis sont immenses. Mais une certitude demeure : c’est en œuvrant ensemble, avec des normes solides et une confiance partagée, que nous construirons le monde de demain.
Et vous, comment voyez-vous le rôle de la normalisation dans votre secteur ?
Participez aux échanges qui façonnent les décisions économiques de demain. Rejoignez la discussion en direct lors de la Réunion annuelle de l’ISO 2026.